sortez courir

Autoportrait de l’auteur en coureur de fond_ Haruki Murakami

 

Je sais que cela pourrait paraître un peu maladif. Vous direz peut-être que je ne comprends pas vite. Mais c’est la 3ème fois que je lis le livre de Haruki Murakami : Autoportrait de l’auteur en coureur de fond, aux éditions Belfond.

J’adore ce livre, et je peux déjà vous confirmer que je le lirai encore et encore.

Haruki Murakami est un auteur Japonais ayant déjà connu déjà plusieurs succès littéraires, récompensé à plusieurs reprises avec un nombre impressionnants de livres et de nouvelles à son actif. Mais aucun traitant de la course à pied, ni aucun autobiographique. Je ne le connaissais pas avant de lire ce livre, par contre je vais assurément lire d’autres livres écrits par cet auteur.

Autoportrait de l’auteur en coureur de fond raconte ce qui a poussé Murakami à la course à pied. Tout au long du roman, il nous parle d’écriture et de course, les 2 éléments principaux de sa vie. Au fil des pages, il nous parle ses marathons et ses différentes courses, ses entraînements, de son passage vers le triathlon et de sa transition de propriétaire de bar vers son travail d’écrivain. Vous direz qu’il n’y a rien de vraiment palpitant dans cette présentation et je suis d’accord. Ce livre est pour moi l’équivalent d’un « road movie », une histoire sans grands rebondissements, qui nous porte à travers ses divers entraînements, ses courses, ses joies et ses déceptions. De plus, il faut l’avouer, l’auteur ne se présente pas sous son meilleur jour et ne donne pas vraiment le goût d’aller prendre une bière avec lui!

Mais attention. Quel livre! J’ai adoré le lire lorsqu’il décrit ses entrainements à Boston sur le bord de la Charles River, on s’y croirait. J’ai aimé lorsqu’il nous parle des coureurs qu’il rencontre lors de ces entraînements. Les descriptions qu’il en fait sont toujours anonymes. Il nous décrit un coureur à la démarche lourde ou une jeune universitaire qui gambade, mais on peut facilement les imaginer simplement avec la qualité de ses descriptions. Il prend son temps pour nous parler de ses objectifs ou de ses résultats et rapidement, on comprend que c’est un coureur dans la moyenne avec des résultats corrects, comme la plupart des coureurs. Ceci rend d’ailleurs l’auteur plus accessible car on s’y reconnait.

Ce qui fait cependant la beauté et la force de ce livre est selon moi les parties plus « philosophiques » de son histoire, que l’on digère sans même le réaliser. Combien de fois j’ai relu un passage simplement pour le savourer! Combien de fois j’ai terminé une phrase, je l’ai relue en me disant que ce gars vient de dire en 2 lignes, d’une façon parfaitement juste, ce que je ne serais pas en mesure d’écrire de façon aussi claire même dans un roman de 200 pages!

Si l’on doit vivre longtemps, plutôt que de traverser toutes ses années dans le brouillard, mieux vaut les passer avec des objectifs clairs en tête, en étant tout à fait vivant. Dans cette perspective, je crois que courir constitue une aide véritable. Se consumer au mieux à l’intérieur de ses limites individuelles, voilà le principe fondamental de la course, et c’est aussi une métaphore de la vie. [1]

Mon temps, le rang que j’obtiens, mon apparence, les critiques des autres, tout cela est secondaire. Pour un coureur comme moi, ce qui est vraiment important est d’atteindre le but que j’ai assigné à mes jambes. Je donne tout ce que j’ai, je supporte ce que je dois supporter, et j’obtiens ce qui compte pour moi.[2]

Évidemment, il faut prendre le temps de lire et d’apprécier ce livre. Ce n’est pas un bouquin que l’on dévore en une soirée, même s’il est relativement court (180 pages). Et même si parfois l’auteur pourrait vous déranger dans sa façon de dire les choses, vous apprécierez Autoportrait de l’auteur en coureur de fond.

 

Bonne lecture!

 

[1] Haruki Murakami : Autoportrait de l’auteur en coureur de fond, éditions Belfond p. 86

[2] Haruki Murakami : Autoportrait de l’auteur en coureur de fond, éditions Belfond p. 174

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